

L’ulcère de Buruli est une maladie infectieuse dont l’agent pathogène est de la même famille que celui de la lèpre et celui de la tuberculose. Le bacille se loge sous la peau où il se multiplie en passant pratiquement inaperçu, puis il s'attaque au tissu sous-cutané sans causer de douleur. La peau finit par se nécroser dans la région infectée et un énorme ulcère apparaît.
Le mode de transmission de l’ulcère de Buruli n'est pas encore connu. Il est peu probable qu’il se transmette de personne à personne. On suppose que la proximité de cours d’eau ainsi que des insectes ont un lien avec la maladie.
L’agent pathogène détruit le tissu sous-cutané, puis la peau et cause des ulcères de grande taille. Ce sont les extrémités qui sont le plus souvent touchées. Lorsque la maladie n’est pas traitée, elle finit par disparaître, mais la victime reste sévèrement handicapée avec des cicatrices et des adhérences similaires à celles causées par des brûlures non traitées. Les personnes affectées, le plus souvent des enfants, restent handicapées à vie.
L’ulcère de Buruli est une maladie qui peut être traitée avec succès lorsqu’elle est diagnostiquée assez tôt. La plus grande difficulté à résoudre est donc le dépistage précoce. Bien souvent, les enfants et les adultes viennent trop tard se faire soigner, alors que des dommages irréversibles se sont déjà manifestés et que le foyer de la maladie ne peut être éliminé que par une opération chirurgicale importante.
Le taux de rechute élevé des malades du Buruli – jusqu’à 30% – représente également un problème sérieux.
Il est difficile de déterminer le nombre de malades car dans beaucoup de pays, les personnes affectées ne sont pas toujours traitées adéquatement et ne sont pas non plus recensées. On estime qu’actuellement environ 20'000 personnes par an sont infectées par l’ulcère de Buruli et traitées. Le nombre de cas non recensés est élevé. Plus de la moitié des personnes affectées sont des enfants de moins de 15 ans.
L’ulcère de Buruli est présent en Afrique, dans le Pacifique ouest et en Amérique latine. En Afrique, les pays touchés sont les suivants: Angola, Bénin, Burkina Faso, Congo, République démocratique du Congo, Côte-d’Ivoire, Gabon, Ghana, Guinée, Cameroun, Libéria, Nigéria, Sierra Leone, Soudan, Togo, Ouganda et peut-être aussi la République Centrafriquaine. Dans le Pacifique ouest, ce sont : l’Australie, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, la Malaisie et la Papousie-Nouvelle-Guinée. En Amérique latine, l'ulcère de Buruli est présent en Bolivie, en Guyane française, au Mexique, au Pérou et au Surinam.
Si le Buruli est diagnostiqué suffisamment tôt, l’agent pathogène peut être éliminé grâce aux antibiotiques (streptomycine et rifampicin) ou par une petite intervention chirurgicale. Le traitement sous antibiotique est particulièrement approprié dans les diagnostiques précoces. Si la détection est tardive, une intervention chirurgicale plus importante avec transplantation de peau est nécessaire. Dans un stade plus avancé encore, lorsque l’ulcère a détruit les tissus, l’amputation reste la seule intervention possible pour éradiquer la maladie. Mais dans tous les cas, le traitement par antibiotique est indispensable pour accélérer la guérison. Depuis peu, on introduit une nouvelle thérapie alternative basée sur la thermothérapie. Les membres touchés du patient sont exposés à une température de 40o C. La bactérie du Buruli qui résiste mal à ce traitement est partiellement éliminée. Si ultérieurement cette nouvelle thérapie peut remplacer les antibiotiques, elle ne se substituera pas aux interventions chirurgicales.
Pour recouvrer leur mobilité après une grosse opération et une greffe de peau, les malades doivent faire de la gymnastique médicale et suivre une rééducation pendant une longue durée. La chirurgie réparatrice et les moyens techniques auxiliaires permettent souvent aux personnes affectées de reprendre une vie normale.
Une contagion de personne à personne n'a, jusqu’à ce jour, pas été établie. Lors d’un séjour dans une région touchée par le Buruli, le risque d'infection existe, surtout si l’on partage les conditions de vie des autochtones (vivre et travailler dans des zones marécageuses ou près des cours d'eau dans les régions subtropicales où la maladie est endémique).
La maladie existe vraisemblablement depuis plusieurs siècles mais elle ne s’était jamais gravement propagée. L’augmentation du nombre de cas en Afrique au cours des années 80 et 90 ont suscité l’attention d’organisations d’aide (comme la notre) et celle des responsables des pays concernés. L’OMS a lancé en 1998 la lutte contre l'ulcère de Buruli et a considéré depuis 2004 que cette maladie constitue une menace pour la santé publique mondiale.
La raison de la forte augmentation du nombre de cas durant ces dernières décennies réside probablement dans diverses modifications écologiques telles que l’extension de zones marécageuses ou la diminution de la végétation au bord des cours d’eau.