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Les chercheurs veulent protéger les vaccins contre la chaleur

Les températures trop élevées sont l’un des problèmes majeurs des campagnes de vaccination dans les pays en développement. En effet, lorsqu’il fait trop chaud, la plupart des vaccins deviennent inefficaces. Il se pourrait que Mark Tibbitt, professeur à l’EPFZ, vienne de trouver une solution révolutionnaire à ce problème.

Mark Tibbitt est ETH-professeur d'ingénierie macromoléculaire

La plupart des vaccins étant des protéines, ils perdent leur efficacité lorsque les températures sont trop élevées. Ils doivent donc être refroidis en permanence pendant leur transport et leur stockage, ce qui représente un défi de taille pour les pays en développement dont certaines régions sont dépourvues de routes ou d’électricité en état de fonctionnement.

De plus, un refroidissement constant est extrêmement cher, surtout pour les pays pauvres. Le refroidissement représente près d’un tiers du coût d’un vaccin, comme l’explique Mark Tibbitt, professeur d’ingénierie macromoléculaire à l’EPFZ, au journaliste de la NZZ. «Si nous n’avons plus besoin de la chaîne de refroidissement, nous pourrions vacciner beaucoup de monde pour la même somme», explique Tibbitt.

«Les effets potentiels sont énormes»
Rien d’étonnant à ce que le professeur de 33 ans travaille actuellement avec son étudiant en doctorat Bruno Marco Dufort à un tel projet. «Nous travaillons sur un emballage capable de rendre les vaccins plus résistants aux températures élevées», explique-t-il lors d’un entretien avec FAIRMED. Concrètement, ils ajoutent aux molécules de protéines du vaccin des molécules à quatre bras qui se relient les unes aux autres pour former une sorte de grille qui enferme la protéine pour l’empêcher de coaguler à haute température. Fait particulièrement prometteur: selon Tibbitt, le procédé pourra vraisemblablement être utilisé sur de nombreux vaccins différents.

C’est pourquoi il qualifie d’énormes les effets potentiels du projet. «Nous disposons souvent des vaccins pouvant sauver des vies, mais les coûts et la difficulté de leur acheminement au bon endroit sont excessifs. Si nous réussissons à réduire la nécessité d’un refroidissement, nous devrions être en mesure de fournir beaucoup plus de vaccins aux personnes qui en ont le plus besoin.»