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«Quels patients dois-je sauver? Telle est la question que se posent les médecins africains principalement»

Le coronavirus a atteint l'Afrique. Bien que l'on ne dénombre officiellement que 600 personnes infectées dans trente pays, de nombreux pays africains introduisent déjà des interdictions d'entrée, la fermeture de leurs frontières et la fermeture des écoles. Ce que l'OMS craignait depuis des semaines est arrivé: le corona commence à se propager dans des pays où les systèmes de santé sont particulièrement faibles. Peut-on espérer que le corona épargnera l'Afrique?


«Les pays africains répondent de manière exemplaire et rapide à la menace de la Covid-19 car ils sont habitués à faire face à des épidémies telles que le virus Ebola, la variole du singe et la rougeole», explique Bart Vander Plaetse, responsable du département programme de FAIRMED. Néanmoins, rien ne permet de dire avec certitude l'impact que la Covid-19 peut avoir sur le continent si le virus s'y répand aussi rapidement qu’en Europe actuellement: «Si une épidémie de corona se propage en Afrique, les systèmes de santé déjà faibles pourraient s'effondrer, ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pendant des années». L'ensemble des ressources seraient dédiées à la lutte contre le virus, ce qui priverait les autres malades et accidentés de soins. «Ce que les Suisses découvrent avec consternation sur les conditions dans les hôpitaux du nord de l'Italie - le fait que les médecins doivent choisir qui soigner - est déjà une réalité dans les pays africains pour des problèmes médicaux beaucoup plus simples.»

Comment le virus réagit-il au climat tropical?

Pour les systèmes de santé publique, il est indispensable de lutter contre les pénuries. Bart Vander Plaetse ajoute: «Dans notre abondance occidentale, c'est quelque chose que nous avions presque oublié. Mais la Covid-19 permet de nous ouvrir les yeux, elle nous montre de façon choquante que la question des pénuries, outre la gestion du comportement de la population, pose désormais également problème en Europe». Pour le moment, nous ne pouvons déterminer avec certitude la manière dont la Covid-19 réagira au climat tropical africain. M. Vander Plaetse poursuit: «Nous espérons toujours que la chaleur mettra le virus en difficulté et l'empêchera de se propager». Le responsable du département programme de FAIRMED voit également une lueur d'espoir dans le fait que la population du continent africain est largement plus jeune que celle du reste du monde: «En Afrique, la proportion de personnes particulièrement vulnérables est plus faible. Mais les structures de soins intensifs sont également en nombre très limité, ce qui signifie que les cas graves de Covid seraient en danger de mort certain».

Le plan de pandémie de FAIRMED

FAIRMED soutient ses pays prioritaires en Afrique (Cameroun, République centrafricaine, Tchad et Congo) par une planification stratégique, des mesures de prévention sous forme de sensibilisation et la fourniture d'équipements de protection pour les agents de santé et autres collaborateurs concernés qui en ont besoin. «Nous protégeons autant que possible les opérations de FAIRMED dans les pays d'Afrique et d'Asie, mais nous limitons considérablement les déplacements dans ces pays et en Suisse», explique Bart Vander Plaetse. Ainsi, nous avons annulé notre rencontre annuelle avec les différents responsables de projets qui devait se tenir fin avril en Suisse. «Notre centrale à Berne reste pleinement opérationnelle, avec un transfert progressif des activités en télétravail. Si notre bureau vient à fermer totalement, l'organisation sera en mesure de poursuivre son travail.»