juin 2026

Entre zéro-risque et danger de mort: voyager dans les zones touchées par le paludisme

Quiconque prévoit un voyage dans les régions tropicales devrait s’informer sufisamment tôt sur la situation sanitaire de sa destination. La protection contre le paludisme fait presque toujours partie des préparatifs. Cette maladie est connue de la plupart des gens, mais elle est parfois sous-estimée par les voyageurs suisses. Selon le Rapport mondial sur le paludisme 2025, plus de 600'000 personnes meurent chaque année de cette maladie tropicale. Une prévention minutieuse peut donc sauver des vies.

Le site web HealthyTravel de la Société suisse de médecine tropicale et de médecine des voyages, qui fournit des recommandations actualisées et des informations sur les épidémies, constitue un bon point de départ pour un voyage en toute sécurité dans les pays tropicaux. Pour les zones touchées par le paludisme, la plateforme propose une fonction de recherche simple permettant de vérifier le risque dans le pays de destination. Ainsi, les pays où FAIRMED mène des projets, le Cameroun et la République centrafricaine, sont considérés comme des zones à haut risque. Au Népal, le risque de paludisme se limite à la région tropicale de plaine du Teraï, à la frontière avec l’Inde, tandis que le Sri Lanka est désormais considéré comme exempt de paludisme. L’Inde, vaste et géographiquement diversifiée, couvre même tout le spectre – de l’absence de risque à des altitudes supérieures à 2500 mètres à un risque très élevé dans le nord-est. Il vaut donc la peine de vérifier non seulement le pays de destination, mais aussi l’itinéraire prévu.

Entre spray anti-moustiques et médicaments: ce qu’il faut vraiment

L’évaluation du risque de paludisme détermine les mesures préventives recommandées. Pour les régions à risque faible à modéré, un produit anti-moustiques, disponible dans toutes les pharmacies suisses, suffit souvent. Il convient de l’appliquer en particulier le soir, car les moustiques vecteurs du paludisme sont particulièrement actifs à cette heure-là. Le produit anti-moustiques est le plus efficace lorsqu’il en association avec des vêtements clairs à manches longues et des pantalons longs. Comme les moustiques piquent volontiers les personnes endormies, le choix de l’endroit où dormir est également important. Les moustiques n’aiment pas l’air froid, c’est pourquoi les pièces climatisées constituent un bon choix. Des fenêtres fermées et des moustiquaires réduisent également le risque de recevoir la visite de ces hôtes indésirables. Dans les zones à haut risque de paludisme, une prophylaxie médicamenteuse est recommandée en plus de ces mesures. L’OMS recommande également d’emporter un médicament d’urgence pour l’autotraitement, en particulier dans les régions isolées. Il est dans tous les cas recommandé de consulter un médecin en cas de suspicion de paludisme.

Médicaments pour les voyageurs, vaccins pour la population locale

Le choix de la prophylaxie a également une influence sur la fréquence de la prise et sur la nature des e¦ets secondaires. Certains médicaments sont pris une fois par semaine, d’autres quotidiennement. Certains agissent exclusivement contre le paludisme, d’autres peuvent également traiter les maladies diarrhéiques lutter contre le paludisme et d’autres maladies transmises par des parasites. Certains doivent en outre être pris plusieurs semaines avant le départ, voire plusieurs semaines après le retour du voyage, ce qui exige une certaine discipline de la part des voyageurs. Des vaccins sont désormais disponibles pour les enfants qui vivent de manière permanente dans des zones impaludées. Les premières données issues d’études menées par l’OMS indiquent que ces vaccins, associée à des mesures de protection telles que les moustiquaires, peuvent réduire considérablement la mortalité infantile dans les régions touchées. Le vaccin n’étant pas encore autorisé pour les adultes, les voyageurs doivent continuer à recourir à la prophylaxie médicamenteuse.

FAIRMED partage ses locaux de l’Aarbergergasse à Berne avec Nadine Schecker, directrice du Swiss Malaria Group et de l’Alliance suisse contre les maladies tropicales négligées (SANTD).

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