FAIRMED sur le terrain: pourquoi vous engagez-vous pour FAIRMED?
Marc Matter: D’une manière générale, le travail de FAIRMED me réjouit et m’encourage beaucoup. Parmi les nombreuses bonnes actions menées par FAIRMED, je suis particulièrement convaincu par le fait que l’organisation forme des agents de santé sur place. Pour moi, cette autonomisation est l’alpha et l’oméga de toute aide: si l’on peut offrir aux personnes défavorisées la possibilité de décider, d’organiser et de développer quelque chose par elles-mêmes, si nous ne contrôlons plus ces activités, mais que ce sont les personnes elles-mêmes qui le font. Car elles savent mieux que quiconque ce qu’il faut faire, comment l’aide doit se présenter dans leur domaine de vie et ce dont les personnes sur place ont besoin.
Les projets de santé de FAIRMED fonctionnent effectivement selon ce principe. Pourquoi est-il important pour vous que les personnes pauvres et défavorisées aient également accès à des soins de santé équitables?
Je trouve cela tout simplement juste. Il y a de nombreuses raisons à cela, par exemple l’humanité, l’empathie et l’éthique. Mais peut-être que mon engagement en faveur de soins de santé équitables pour les personnes pauvres et défavorisées remonte à des expériences personnelles. Au début des années 90, peu après la chute du dictateur roumain Nicolae Ceau?escu, j’ai pu constater de mes propres yeux, en aidant une organisation humanitaire dans ce pays dévasté, ce que signifiait pour les gens là-bas d’être sans ressources, défavorisés, opprimés et malades. Cela m’a profondément bouleversé. La distance entre la Suisse et la Roumanie est relativement faible, mais les possibilités offertes aux habitants de ces deux pays ne pouvaient être plus différentes. Cette expérience me motive encore aujourd’hui à m’engager auprès d’organisations qui luttent contre la pauvreté et l’injustice sociale et qui s’engagent en faveur d’un accès équitable aux soins de santé. En d’autres termes, des organisations qui contribuent à rendre l’accès aux ressources et aux opportunités plus accessible et plus tangible pour les autres.
Pourquoi l’accès équitable aux soins de santé est-il important pour vous?
Parce que je pense que nous pouvons faire la différence à de nombreux niveaux en améliorant l’accès aux soins de santé des personnes défavorisées. Grâce à l’amélioration des soins, les gens ne sont pas seulement en meilleure santé, ils ont aussi de nouvelles opportunités, de nouvelles perspectives qui s’ouvrent à eux. Une femme qui donne naissance à un enfant en bonne santé pourra peut-être mieux s’occuper par la suite e son développement et de son éducation plus tard. Une personne qui retrouve la vue a de toutes nouvelles possibilités de travailler et de participer à la vie. Souvent, un investissement modeste suffit pour obtenir des résultats significatifs en matière de soins médicaux de base. Même si je souhaite de tout coeur que tous les habitants de Suisse ou des pays riches en général bénéficient des meilleurs soins de santé possibles, je trouve scandaleusement injuste que certaines régions du monde puissent dépenser autant d’argent pour une médecine de pointe alors que tant de personnes dans les pays d’Asie et d’Afrique attendent en vain des antibiotiques qui pourraient leur sauver la vie, des pansements, des vaccins protecteurs ou les analgésiques tant attendus.
« Souvent, un investissement modeste suffit pour obtenir des résultats significatifs en matière de soins médicaux de base. »
Quelle est votre expérience personnelle en matière de santé?
J’ai travaillé pendant plusieurs années comme masseur sportif, suivant les traces de mon père. Je sais à quel point les thérapies manuelles peuvent avoir un effet profond et j’ai souvent pu contribuer directement au processus de guérison grâce à mon travail. J’ai toujours été très heureux de voir les gens aller mieux au fil du temps. Un autre lien avec le thème de la santé est que je dépends moi-même d’un médicament en raison d’un trouble de la coagulation sanguine. Il m’est relativement facile de réguler moi-même ce trouble, et je suis conscient que ma vie pourrait être très différente si je vivais dans un pays africain – ou que je ne serais même plus en vie. Et peut-être encore un autre point: lorsque mes enfants étaient petits – et encore aujourd’hui –, je souffre toujours avec eux lorsqu’ils tombent malades, même s’il ne s’agit que d’une toux qui ne dure que quelques jours. Je suis toujours très soulagé de pouvoir alors bénéficier des conseils avisés de notre pédiatre.