mars 2026

Les cyclones comme Ditwah vont-ils se multiplier?

Le climatologue Thomas Stocker, professeur émérite au Centre Oeschger pour la recherche sur le changement climatique de l’Université de Berne, nous donne des informations.

FAIRMED sur place: Le cyclone Ditwah, qui a provoqué les inondations, est-il encore la norme ou les fortes pluies sont-elles une conséquence du changement climatique?

Thomas Stocker: L’intensité de ces cyclones est fortement influencée par la température de la surface de l’océan, ici l’océan Indien au sud du Sri Lanka. Avec le réchauffement climatique, ces températures augmentent de manière générale. Mais le statut des cycles de variation naturels tels que El Niño et le «dipôle de l’océan Indien» est également important. Lorsque ces deux phénomènes coïncident à un certain moment, comme ce fut le cas en novembre 2025, les précipitations sont particulièrement violentes. De plus, les températures de surface étaient environ 0,2°C plus élevées que la moyenne de 1991 à 2020, ce qui a également amplifié les événements extrêmes.

Des phénomènes tels que le cyclone Ditwah vont-ils se multiplier?

Oui, c’est probable, et les systèmes d’alerte précoce pour de tels événements deviennent donc une priorité. Non pas pour les voyageurs, qui peuvent rentrer chez eux à tout moment, mais pour les centaines de millions de personnes qui vivent dans ces régions et ne peuvent pas simplement disparaître.

Que pensez-vous de l’affirmation, telle qu’elle a été rapportée par exemple dans le magazine Tamedia, selon laquelle les algues marines stabilisent le climat, nourrissent l’humanité et pourraient ainsi sauver le monde?

Je suis toujours sceptique lorsqu’une mesure particulière est présentée comme «le remède contre le changement climatique». Il n’existe pas de mesure simple et peu coûteuse, mais toute proposition raisonnable, comme celle-ci, est utile. Cependant, de telles promesses détournent l’attention du fait que sans l’élimination rapide et complète des combustibles fossiles, la stabilité climatique est inaccessible. Donc: outre toutes les mesures judicieuses, l’abandon du charbon, du pétrole et du gaz et leur remplacement par des énergies renouvelables restent la priorité absolue!